Okay mytho est un théâtre d’images, un kamishibaï, adressé aux adultes.

Sylvain A., graphiste toulousain, mitonne des histoires vraies et les conte en faisant défiler des images, d'archives ou inédites, dessinées ou imprimées, dans un castelet en contreplaqué flammé. Les deux spectacles existants, Le voyage de Chegue, et Renaud, le bar et la fève, ne demandent qu'à être joués, et deux autres, Urssaf tripes et René les tranchées, sont en cours de création.

Le dispositif se déplace à dos d'humain.e ou fixé à un vélo et, autonome, peut se déployer dedans/dehors, de jour/de nuit, pour une vingtaine de personnes, curieuses et enjouées.

Le kamishibaï, ou théâtre d'images, est un spectacle ambulant japonais principalement adressé aux enfants datant du début XXème siècle. La petite scène en bois, le butaï, était installée sur le porte-bagages d'un vélo. Ses ouvertures (devant, derrière, sur le coté) permettent de faire défiler des images face aux spectateur.ices avec les textes coté conteur. Avertissant de son passage au son de claves et vêtu d'un kimono, il narrait dans l'espace public des aventures illustrées de gouaches ou impressions distribuées par des maisons d'édition. Il en profitait pour vendre des bonbons, sa source de revenu. Avec l'arrivée du manga, en livre et animé, cette pratique a peu à peu disparu à partir des années 1960.
photographie d'un kamishibaïste japonais
Disparition d'un copain de banlieue, irrepressible cleptomanie d'un acheteur au casino, quête d'un smartphone perdu dans l'agglomération strasbourgeoise... Les récits Okay mytho oscillent entre le quotidien et l'extraordinaire, à la frontière du vrai et du faux, entre documentaire et mythes, et, bien qu'abordables pour des enfants, s'adressent à un public d'adultes. Certains visuels et textes pré-existent, d'autres sont créés pour l'occasion. Le résultat est un cut-up visuel et vocal.
À la jonction-friction de ces différentes voix et vues serpentent les histoires Okay mytho, où s'épanouissent diverses techniques d'illustration, d'estampe, de conte et de chant nourries par l'auteur/interprête depuis de nombreuses années. Leurs durées varient du moyen-métrage de 45 min. à la somme de courts épisodes de 5 min..
Gyotaku, image extraite du spectale, Renaud, le bar et la fève Planche du spectacle, Le voyage de Chegue
Le castelet, ou butaï, est une caisse en contreplaqué de 50x50x10cm faisant office de théâtre dans lequel défilent les images. Il est accompagné d'un système d'éclairage, barre de leds devant et au dessus, commandée via une pédale, d'une veilleuse pour la lecture du texte derrière, le tout branché sur une batterie dont la capacité permet une heure et demi de représentation. La légèreté du dispositif permet de le ranger dans une sacoche faite sur mesure facilement transportable à pied, ou de l'accrocher au porte bagage d'un vélo afin de jouer dans des lieux variés, en intérieur ou extérieur. Il est préférable d'avoir un endroit où s'assoeir pour le public dont la jauge est d'environ 25 personnes. Le noir ajoute, avec le jeu de lumières, une dimension dramatique à l'histoire.
photographie d'un kamishibaïste japonais
Soutenu par le Drac - arts visuels et la région Occitanie, la partie création du projet a abouti sur la construction du butaï en contre-plaqué flammé et la mise en forme d'une première histoire, le voyage de Chegue. D'autres phartenaires se sont avérés décisifs : l'atelier IPN où travaille Sylvain et son atelier voisin TA qui ont accueilli les premières représentations des spectacles.
photographie d'un kamishibaïste japonais